desintox
 

Rapport de recherche sur la DÉSINTOXICATION

traduction d'une conférence internationale
FASE été 1996

Un groupe d'envergure internationale formé de médecins, de scientifiques, de chercheurs, de spécialistes de la toxicomanie et de représentants du gouvernement se sont rencontrés en décembre 1995, à Los Angeles, en Californie, pour prendre part à la première conférence internationale sur la contamination chimique et la désintoxication chez l'homme.

La conférence avait été tenue dans l'optique d'examiner comment le programme de désintoxication mis au point par L. Ron Hubbard pouvait être intégré à plus grande échelle dans les programmes destinés à venir en aide aux victimes de la toxicomanie, de l'exposition aux produits chimiques dans le milieu professionnel, de la contamination de l'environnement et d'accidents nucléaires.

Dans le cadre de ce discours-programme, le Dr Forest Tenant, l'un des chercheurs américains les plus respectés dans le domaine de la toxicomanie, présente les grandes lignes des nouvelles recherches sur la biochimie de la toxicomanie et la rôle de la désintoxication dans le traitement de la toxicomanie.

Drogues: métabolites, toxicomanie et désintoxication

Dr Forest Tennant

Sommité nationale dans le domaine du traitement de la toxicomanie, le Dr Forest Tennant est l'auteur de plus de 200 articles scientifiques, livres et vidéos sur la neurochimie et la pharmacodépendance. Il est directeur général du Research Center for Chronic Pain and Dependency Disorders de même que du Community Health Projects Medical Group. Il a servi à titre de fellow pour le service de la santé publique des États-Unis, a été professeur agrégé à la UCLA School of Public Health et a fait partie du comité consultatif sur la toxicomanie de la Food and Drug Administration américaine. Le Dr Tennant est en outre consultant en formation sur les narcotiques auprès de la patrouille routière de la Californie et de département de la Justice de la Californie.

C'est avec grand plaisir que je me retrouve parmi vous cet après-midi pour présenter ce qui, je l'espère, sera en quelque sorte une perspective historique de la désintoxication et vous faire savoir ou, à mon avis, se situe le monde médical à cet égard.

J'ai entendu le terme ''désintoxication'' (en anglais, detoxification) pour la première fois en 1968. J'étais chirurgien dans l'armée en Europe. L'armée américaine commençait déjà, à cette époque, à faire quelque chose pour régler les problèmes liés à la drogue. De 1966 à 1968, on a établi ce qu'on a appelé des ''centre de désintoxication'' dans la ville de New-York.

J'ignore qui a crée ce terme. Au départ, il faisait surtout référence aux héroinomanes qui étaient hospitalisés et auxquels on administrait de la méthadone en vue de les sevrer de l'héroine.

Peu de temps après, le terme ''désintoxication'' a pris le sens suivant: ''remplacement d'une substance à courte durée d'action dont on essaie d'interrompre l'administration par une substance à longue durée d'action''. Et cette définition tient en quelque sorte toujours à l'heure actuelle.

Il va sans dire que la terminologie et les modalités du traitement médicamenteux ont, depuis cette époque, subi une évolution assez importante. Voici le message que j'aimerais vous transmettre: l'aspect sémantique est sans importance. L'élément essentiel consiste plutôt à comprendre l'importance remarquable de larecherche en neurochimie et en biochimie depuis 10 ou 12 ans. Et ce qui importe par-dessus tout, c'est que nous connaissons l'existence des métabolites.

Ces travaux remontent à 1961, lorsqu'un récipiendaire du prix Nobel nommé Axelrod a pris le cerveau d'un rat et l'a mis dans une éprouvette. Il a ensuite déposé de la cocaine et de l'amphétamine sur le cerveau et a constaté que ces substances prenaient la place de la dopamine (neurotranmetteur) et de la noradrénaline (neurotransmetteur agissant comme stimulant physique et mentale. Il est impliqué dans la sensation du “plaisir”) dans le cerveau. Les quelques centaines d'études qui ont été réalisées par la suite ont révélé très clairement que l'un des effets fondamentaux des drogues consiste à se diriger vers les réservoirs biochimiques de l'organisme, dès qu'elles atteignent la circulation sanguine, et de prendre la place des endorphines (hormone sécrétée par le corps lorsque celui-ci ressent de la douleur. Cette hormone est un analgésique naturel, qui crée un effet d'euphorie sur la personne recevant la douleur, permettant à celle-ci de recevoir encore plus de douleur), de l'acétylcholine (il s’agit d’une des molécules trouvées dans le cerveau, qui permettent les transferts d' information entre les neurones), de la cortisone (C’est, à l’origine, une hormone fabriquée par nos glandes surrénales situées au dessus des reins. On produit maintenant cette hormone -dite de synthèse- dans des usines. C’est un anti-inflamatoire très puissant qui sert à calmer notre système immunitaire pour qu’il fabrique moins de ces auto-anticorps qui nous attaquent) et de quelques autres substances biochimiques dans ces réservoirs. Ce phénomène est vrai pour toutes les drogues entraînant une dépendance que nous connaissons- nicotine, stéroides anabolisants, marijuana et toutes les autres drogues.

À partir de la circulation sanguine, la drogue se dirige vers les réservoirs, et les substances biochimiques qui s'y trouvent normalement sont remplacées. De quels réservoirs s'agit-il ? Le réservoir principal de l'organisme est l'hypophyse (petite glande endocrine -sécrétant plusieurs hormones importantes- reliée à la partie antérieure du cerveau.) , le deuxième étant les glande surrénales (les surrénales sont deux petites glandes placées sur le dessus des reins. Elles fabriquent plus d'une soixantaine de produits, dont la cortisone et l'adrénaline. Elles servent notamment à équilibrer l'énergie de l'organisme pour préparer le corps à une action immédiate dans une situation de stress, à aider le système immunitaire à combattre les maladies ou à cicatriser les blessures, etc. Un mauvais fonctionnement des glandes surrénales empêche une réponse adéquate face au stress) . L'hypothalamus ( région du cerveau constituant la partie antérieure et inférieure du diencéphale, et contrôlant le système nerveux végétatif et une partie du système hormonal, régularise le sommeil, l'activité sexuelle, la faim, la soif et les émotions. Il orchestre le lien entre système nerveux et système hormonal en sécrètant des hormones destinées à agir sur d'autres), situé dans le cerveau, vient ensuite probablement en troisièmes position. L'organisme possède en outre d'autres très vastes réservoirs dans la colonne vertébrale, le nerf sciatique et d'autres terminaisons nerveuses importantes.

Il est absolument essentiel que tous ceux qui travaillent dans le domaine de la pharmacodépendance comprennent que la consommation suffisamment prolongée d'héroine, par exemple, entraîne une baisse des taux naturels d'endorphines (substance produite par certaines cellules du système nerveux central et ayant des propriétés analgésiques semblables à celles que peut procurer la morphine). Dans le cas de la cocaine, la consommation suffisamment prolongée de doses suffisamment élevées se traduit par une carence des réserves de dopamine de l'organisme. Quand s'installe cette carence, l'organisme crée un ''cycle d'état de besoin'' : il aura encore plus besoin de la drogue pour compenser la substance chimique que la drogue elle-même a remplacé.

Vous devez connaître deux autres phénomènes pour comprendre véritablement ce qui se passe pendant la désintoxication et même, je dois l'avouer, pour comprendre pourquoi dans le programme de désintoxication qui utilise le sauna, on a recours à des suppléments alimentaires et à des saunas.

LE DEUXIÈME PRINCIPE:

Le deuxième principe scientifique fondamental que vous devez connaître est le suivant: les substances chimiques que je viens de mentionner agissent dans l'organisme en se liant à quelque chose que nous appelons un ''site récepteur''. Je regrette qu'on les appelle ainsi, parce que le terme est inexact. Je préférerais qu'on les appelle ''zones de déclenchement électrique''.

Le terme ''site récepteur'' provient de la recherche sur le diabète. Il y a de nombreuses années, les endocrinologues ont découvert que l'élévation de la glycémie après un repas à teneur élevée en glucides avait le même effet qu'une drogue entraînant une dépendance. En effet, l'hyperglycémie occasionne la libération d'une hormone appelée insuline à partir des réservoirs du pancréas. L'insuline et le glucose voyagent ensuite ensemble et se dirigent vers différents muscles, comme les biceps et les quadriceps. Les sites musculaires chargés de la réception de l'insuline et du glucose s'appellent ''récepteurs''.

Jusque là, ca va. Par la suite, les cardiologues se sont mêlés de la partie et ont voulu avoir leurs ''récepteurs'' cardiaques. Et les pneumologues ont également voulu leurs propres récepteurs. Et c'est là que la catastrophe a frappé. Les psychiatres ont voulu, eux aussi, leurs récepteurs.

Peut-être aurait-on dû les appeler ''zones de déclenchement''. Cela dit, l'aspect clé est le fait que ces récepteurs représentent l'essence même de la vie de l'organisme humain. C'est la liaison des substances chimiques de l'organisme aux récepteurs du cerveau, de la moelle épinière, du coeur, des reins et des intestins qui assurent le fonctionnement de l'organisme. Et nous savons maintenant que les drogues entraînant une dépendance se dirigent vers ces récepteurs et ont un effet déclencheur sur ce derniers.

Voilà qui explique pourquoi nous aimons tous tellement la caféine et la nicotine, et les glucides, et la marijuana et la cocaine et toutes les autres substances du même type: c'est parce qu'elles ne font pas que libérer certaines substances chimiques, mais permettent de déclencher ces ''zones de déclenchement''.

LE TROISIÈME ASPECT:

Le troisième aspect qu'il convient de connaître est en fait celui qui a été découvert le plus récemment. À mon avis, je ne crois pas que cette conférence aurait lieu aujourd'hui si nous n,avions pas fait cette découverte. Une fois que la drogue entraînant une dépendance passe dans la circulation sanguine et subit un premier passage dans le foie, la drogue est transformée, et il en résulte la création d'un ''sous-produit'' ou d'un ''métabolite''.

Nous savons maintenant que la substance qui est responsable de la toxicomanie à l'intérieur même de la drogue est le métabolite de cette drogue, et non la drogue elle-même. C'est là un concept d'une importance primordiale. En d'autres termes, l'héroine est transformée en morphine en moins de 120 secondes après avoir atteint la circulation sanguine. Les héroinomanes n'existent donc pas véritablement. Ce sont en fait des morphinomanes. Les cocainomanes n'existent pas véritablement non plus. Ces gens souffrent en fait d'une pharmacodépendance à la benzoylecgonine. Même l'alcool a un métabolite. La nicotine a un métabolite appelé cotinine. La marijuana, pour sa part, a deux métabolites principaux.

C'est le métabolite qui engendre et perpétue la pharmacodépendance. C'est le métabolite qui se trouve entreposé dans les tissus adipeux et c'est le métabolite qui, jusqu'à un certain point, est responsable de certains effets de la drogue. Il ne fait aucun doute que ce sont les métabolites qui sont responsables des effets à long terme des drogues.

Il semble que, une fois qu'une drogue passe dans la circulation sanguine, l'organisme perçoit la présence de la substance toxique et se dit qu'il doit s'en débarrasser. Il tente donc de l'éliminer dans l'haleine, la bile et l'urine. Il dispose en outre d'un mécanisme qui lui permet de transformer la substance toxique en un ''métabolite''.

Et c'est ici que la bat blesse. Nos connaissances sur les métabolites sont limités. Nous pensions qu'ils étaient inactifs, inertes. Maintenant, nous savons qu'il en est tout autrement. Nous savons que l'organisme produit le métabolite et l'entrepose dans les réservoirs. Dans certains cas, l'organisme utilise le métabolite. En d'autres termes, en présence d'une carence en endorphines, l'organisme utilisera les métabolites de l'héroine ou de la morphine à titre de substitut.

En présence d'une carence en dopamine, l'organisme utilisera les métabolites de la méthamphétamine et de la cocaine à titre de substitut. Si après quelques années de consommation de nicotine, l'organisme a une carence en sérotonine, la cotinine et d'autres métabolites de la nicotine se feront un plaisir de prendre la place de la sérotonine manquante, du moins pendant un certain temps. Ce que nous ignorons, c'est le degré de destruction engendré par ces métabolites. Nous n'avons pas de données précises à cet égard. Nous ne souhaitons pas en découvrir dans l'organisme et nous tentons, bien sûr, de les éliminer.

Voici les trois phénomènes qui se produisent chez un drogué:

1. La formation de métabolites
2. La liaison des drogues aux zones de déclenchement appelées ''récepteurs''
3. l'épuisement des réserves de substances chimiques naturelles de l'organisme par les drogues qui en prendront la place.

Ce que nous appelons ''pharmacodépendance'' est en fait un phénomène de substitution.

Le drogué qui veut se rétablir doit cesser de prendre des drogues. Son organisme doit non seulement éliminer les résidus, mais également recommencer à produire des taux à peu pràs normaux des substances chimiques naturelles. De plus, les sites récepteurs doivent recommencer à fonctionner normalement pour qu'il puisse se rétablir et ne plus prendre de drogues. Si les sites récepteurs et les substances neurochimiques naturelles ne reviennent pas plus ou moins à la normale, il demeurera probablement toxicomane à vie.

Revenons à la désintoxication. Traditionnellement, la désintoxication faisait appel à la substitution. Vous avez peut-être, par exemple, entendu parlé de la ''demi-vie'' d'un médicament ou d'une drogue. Dans le domaine de la toxicomanie, nous ne nous préoccupons pas de la demie-vie des drogues ou des médicaments. Nous nous intéressons à la durée de vie complète de ces substances.

La durée de vie complète de l'héroine est d'environ six heures, ce qui signifie que si vous dépensez 20 dollars ici dans les rues de Los Angeles pour obtenir une dose d'héroine, vous obtiendrez 6 ou 8 mg d'héroine. Une fois injectée par voie intraveineuse, cette dose d'héroine demeure dans la circulation sanguine à des taux supérieurs à 5 ou à 10 ng pendant quatre à six heures. Après ce délai, le toxicomane véritable aura besoin d'une nouvelle dose. Voilà qui explique pourquoi un héroinomane typique doit s'injecter de l'héroine trois, cinq ou même huit fois par jour, selon son métabolisme et le degré de sa dépendance.

La méthadone, pour sa part, peut demeurer dans le sang pendant 24 heures après l'administration d'une dose unique, et une nouvelle substance appelée lévo-alpha, acétylméthadol (LAAM) demeure dans la circulation sanguine pendant 72 heures. Ainsi, le concept de départ en matière de désintoxication dans les année 1960 et 1970 consistait à donner une dose de méthadone qui pouvait rester 24 heures dans la circulation sanguine, ce qui permettait l'élimination de l'héroine, étant donné que la durée de cette dernière est plus courte.

Les drogues sont-elles véritablement entreposées dans les tissus adipeux ?

Oui, elles le sont. Le Dr Shelley Beckman et moi-même avons été les premiers à prouver ce phénomène au moyen d'une étude de petite envergure. Il est maintenant possible, pour la somme d'environ quatre dollars, de déterminer à partir d'un seul échantillon d'urine ou de sang si la personne souffre de toxicomanie. Le test permet à tout le moins d'obtenir une bonne idée d'une toxicomanie clinique parce que nous connaissons les taux normaux des métabolites chez le sujet toxicomane, le consommateur irrégulier qui consomme des doses élevées, le consommateur occasionnel et la personne qui tente de cesser sa consommation de drogues.

Une fois que nous disposions d'une technologie peu coûteuse nous permettant de mesurer les taux des métabolites, nous avons été en mesure de calculer les ''courbes d'élimination''.

Prenons le délai d'élimination normal de la cocaine chez un cocainomane. Les taux des métabolites dans les liquides organiques metttent de 15 à 16 jours avant de chuter à zéro. Chez le métamphetaminomane, le sujet peut avoir 3000 ng de métabolites de l'amphétamine dans ses urines au jour 1. Après 25 jours, tous les métabolites ont été éliminés. Prenons également l'exemple de la phencyclidine, dont les métabolites ont une très grande affinité envers les tissus adipeux. Le sujet peut présenter, au départ, 500 ng de métabolites. Après 43 jours, il en restera encore des traces.

C'est l'établissement, il y a six ou huit ans, de ces courbes d'élimination qui nous a fourni les données scientifiques véritables nous permettant de conclure que ces substances étaient entreposées dans l'organisme et que la ''désintoxication'' ou le sevrage devait prendre une toute nouvelle signification.

Et la question qui s'est alors posée est la suivante:

Comment l'organisme peut-il éliminer ces métabolites ?

Le message que j'aimerais imprégner à jamais dans votre esprit est le cas de ce cocainomane comme tant d'autres qui fait partie des 300, 000, des 500 000 ou du million de cocainomanes américains- nous en ignorons le chiffre exact.

Au jour 1, le cocainomane en question entreprend une désintoxication.
Au jour 5 ou 6, il a réussi à éliminer tous ses métabolites.

Devinez ce qui se produit alors ? L'état de besoin refait surface, et il recommence à consommer.

Que s'est-il passé au jour 6 ou 7 ? Les site récepteurs ne sont plus recouverts de dopamine ni de métabolites de la cocaine. Le toxicomane subit donc les effets du sevrage et ressent un état de besoin. C'est alors qu'il recommence à consommer. Il fait une nouvelle tentative de désintoxication, et au jour 19, il recommence à consommer. Il recommence ce cycle à quatre ou cinq reprise à intervalles d'environ six ou huits semaines avant de réussir à se désintoxiquer complètement.

En résumé, les métabolites liposolubles sont entreposés dans des réservoirs. Et il est important de savoir que ces réservoirs ne se limitent pas qu'aux tissus adipeux. En effet, ces métabolites sont également entreposés dans les tissus cérébraux, les surrénales, les terminaisons nerveuses, bref, dans tout l'organisme. Et ces métabolites deviennent de piètres substituts des substances chimiques naturelles.

DÉSINTOXICATION- LA PREMIÈRE ÉTAPE:

La première étape consiste donc à éliminer tous ces métabolites de l'organisme. ......L'administration de doses élevées de niacine et l'utilisation de saunas pour éliminer ces métabolites, voilà qui permet de réaliser la première étape. Il faut en effet commencer par ''nettoyer'' la personne.

.....Les suppléments alimentaires sont essentiels. Dans le programme de désintoxication utilisant le sauna, on recommande depuis quelque temps la prise de nutriments simples, qui sont de précieux alliés au traitement. Chacun sait qu'une personne qui entreprend un programme de désintoxication est passablement dénutrie. Nous avons réalisé des études approfondies sur les taux sériques des vitamines et des nutriments chez des drogués et nous avons constaté qu'ils souffraient d'une malnutrition marquée.

L'IMPORTANCE D'UNE DÉSINTOXICATION APPROPRIÉE:

J'aimerais dire quelques mots sur certaines des complications graves que nous observons à l'heure actuelle de façon à souligner davantage l'importance d'une désintoxication appropriée, ou si vous préférez d'un programme de ''purification'' ou de sevrage. Il est essentiel de faire sortir les métabolites de l'organisme. Nous connaissons trois effets fondamentaux des drogues sur le système immunitaire: carence en cortisone, suppression leucocytaire et anomalies protéiques. Les leucocytes sont les globules blancs qui circulent dans l'organisme et qui engrouffrent les virus comme celui du SIDA. Or, les métabolites ont un effet très négatif sur le système immunitaire.

Les métabolites, au même titre que la drogue elle-même, ont un autre effet possible: ils endommagent les récepteurs, et c'est là que les choses se gâtent vraiment. Une fois que les récepteurs ont été suffisamment endommagés, nous savons que la personne ne réussira peut-être pas à recouvrer une santé mentale ou physique normale. Je ne dispose pas d'assez de temps pour expliquer tous les syndromes qui en découlent, mais ils sont variés: du diabète à la schizophrénie et à l'insuffisance surrénale en passant pas les troubles de la mémoire et de la motivation, symptomes qui resemblent de près àà ceux de la maladie d'Alzheimer. Ces syndromes peuvent prendre un aspect bénin ou très grave.

Il existe un autre aspect que peu de gens connaissent mais dont les répercussions sont graves. Nous savons que les métabolites de la cocaine et de l'amphetamine, et peut-être ceux de la phencyclidine et de la marijuana, occasionnent une constriction des vaisseaux sanguins, d'ou une diminution considérable de la circulation sanguine dans les vaisseaux de sorte que le cerveau ou le coeur n'est plus suffisamment irrigué.

Pourquoi est-ce que je signale ce phénomène ? Depuis quelques années, on assiste à une épidémie de bébés intoxiqués à la cocaine épurée (crack), de crises cardiaques et d'accidents cérébrovasculaires qui est imputable à cette constriction des vaisseaux sanguins. Le sang ne peut plus transporter de glucose ou d'oxygène, ce qui entraîne la mort tissulaire.

La dernière complication dont j'aimerais vous parler porte sur l'immunosuppression et les maladies infectieuses qui infestent les toxicomanes. Vous connaissez tous le SIDA. Or il est intéressant de noter que, parmi les toxicomane par voie i.v. de la Californie, seulement environ 1% sont atteints du SIDA, et nous en ignorons la raison. En revanche, le taux d'infection par l'hépatite C est de l'ordre de 92 ou 95%. L'hépatite C est devenue une véritable plaie chez les toxicomanes par voie i.v. de la Californie, et il semble que la majorité d'entre eux décèderont des complications de cette affection.

La plupart des décès ont lieu vers l'âge de 48 à 55 ans, habituellement après 30 ou 35 ans d'infection par le virus. S'ils partagent des aiguilles ne serait-ce que deux, trois ou quatre fois, ils sont probablement infectés par le virus de l'hépatite C pour lequel il n'existe aucun vaccin ni traitement.

Le virus de l'hépatite C se propage de la même façon que celui du SIDA, surtout par contact sanguin. Il se propage jusqu'à un certain point par contact sexuel et par transmission congénitale. Il semble également qu'il puisse se propager lentement pas d'autres voies à la suite d'un contact, comme la salive ou l'air ambiant. Nous savons que 20 à 25% des alcooliques sont infectés par le virus de l'hépatite C, mais nous ignorons comment ils ont été contaminés.

Quarante pour cent des cas d'hépatite C de la Californie ne présentent aucun facteur de risque, comme une tranfusion sanguine, l'administration de drogues par voie i.v. ou des contacts sexuels avec des porteurs du virus. Nous savons cependant que les toxicomanes qui font usage de drogues par voie i.v. sont les réservoirs de l'hépatite C, ce qui donne au problème une dimension dont nous n'avons jamais eu à tenir compte jusqu'à maintenant. Dans l'ensemble de la Californie, la présence de ces infections est très inquiétante, et nous ne savons pas à quoi nous en tenir.

La présence de ces maladies infectieuses suscite des inquiétudes considérables. Les modifications biochimiques qui surviennent chez les toxicomanes suscitent des inquiétudes considérables. Nous nous demandons quellles devraient être les politiques à cet égard.

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La Californie est au prise avec quelques 300 000 toxicomanes par voie i.v. identifiés. C'est une population en voie d'extinction. Ils ont besoin de tous les soins et de toute l'indulgence que nous pouvons leur offrir. Je vous félicite de votre intérêt envers eux et je vous remercie de m'avoir donné la chance de vous addresser la parole aujourd'hui.

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